Le vent souffle fort et constant alors que l'on s'approche de la pointe de Cape Point, l'extrémité sud-ouest de l'Afrique où les eaux de l'Atlantique et de l'océan Indien se rencontrent dans une étreinte tumultueuse. Les falaises de grès rouge plongent de plus de 200 mètres vers la mer, et déjà depuis le parking principal, on aperçoit le phare historique perché sur la crête la plus haute, à environ 249 mètres au-dessus du niveau de la mer. Ce n'est pas un panorama que l'on oublie facilement.
Cape Point fait partie du Table Mountain National Park, le parc national qui protège toute la péninsule du Cap. La zone est accessible toute l'année, mais les conditions atmosphériques changent radicalement au cours de la journée et des saisons : le ciel peut passer d'un bleu cobalt éblouissant à un manteau de nuages gris en quelques minutes, rendant chaque visite une expérience différente et, à certains égards, imprévisible.
Le phare et le funiculaire : monter jusqu'au sommet
Le phare le plus ancien de Cape Point a été construit en 1859, mais son emplacement s'est révélé problématique : les nuages bas le rendaient souvent invisible aux navires en transit. Pour cette raison, en 1919, un deuxième phare a été construit plus bas, à environ 87 mètres au-dessus du niveau de la mer, qui est encore aujourd'hui celui en service. L'ancien phare du XIXe siècle reste visitable et représente l'un des points de vue les plus extraordinaires de toute la péninsule.
Pour atteindre le sommet où se trouve l'ancien phare, les visiteurs peuvent choisir entre une randonnée à pied le long de sentiers bien balisés ou utiliser le Flying Dutchman Funicular, le funiculaire qui couvre le dénivelé en quelques minutes. Le billet du funiculaire coûte environ entre 90 et 100 rands sud-africains pour le trajet aller-retour, mais les prix peuvent varier. Du point le plus élevé, le regard embrasse simultanément la côte atlantique à l'ouest et celle de l'océan Indien à l'est, avec False Bay qui s'ouvre dans un arc large et lumineux vers le sud.
Les couleurs du paysage aux différentes heures du jour
La lumière du matin tôt transforme Cape Point en quelque chose d'à peine réel. Les falaises de grès, composées de couches de roche datant de centaines de millions d'années, prennent des teintes allant de l'orange brûlé au rouge brique, tandis que la mer en dessous reflète le ciel avec des nuances de vert émeraude et de bleu profond. L'eau est notoirement froide des deux côtés, mais le courant froid du Benguela sur le versant atlantique crée souvent une brume matinale qui se dissipe lentement au fil des heures.
Dans l'après-midi tardif, lorsque le soleil descend vers l'horizon atlantique, les couleurs s'intensifient encore. Les roches semblent presque incandescentes, et l'herbe basse du fynbos — la végétation arbustive endémique du Cap, reconnue comme l'un des six biomes floraux de la planète — prend des reflets dorés qui contrastent avec le bleu de plus en plus sombre de la mer. Ceux qui parviennent à rester jusqu'à la dernière lumière du jour sont confrontés à un spectacle chromatique difficile à égaler.
La faune sauvage le long des sentiers
Un des aspects qui surprend le plus les visiteurs est la présence constante d'animaux sauvages à proximité des sentiers touristiques. Les babouins du Cap (Papio ursinus) se déplacent en grands groupes le long des routes et près des parkings, et les panneaux du parc avertissent explicitement de ne pas s'approcher ni de leur offrir de la nourriture. Ce sont des animaux sauvages et potentiellement agressifs, pas des attractions à photographier de près.
Les autruches, en revanche, se voient souvent paître tranquillement parmi la végétation basse, indifférentes à la présence humaine. Le long des sentiers qui descendent vers les plages les plus isolées, comme celle de Dias Beach, accessible à pied depuis le sommet, il est possible d'apercevoir également des antilopes bontebok et, avec un peu de chance, des tortues marines dans les eaux en dessous pendant les mois d'été de l'hémisphère sud.
Conseils pratiques pour la visite
L'heure idéale pour visiter Cape Point est tôt le matin, de préférence avant neuf heures. Les bus touristiques en provenance du Cap de Bonne-Espérance commencent à arriver vers dix heures, et le parking principal se remplit rapidement. Arriver tôt signifie avoir les sentiers presque pour soi, une lumière photographique extraordinaire et l'avantage de voir les animaux encore actifs après la nuit. Le billet d'entrée au Parc National de la Montagne de la Table est obligatoire et inclut l'accès à Cape Point : le prix pour les visiteurs étrangers tourne autour de 350-400 rand, mais il est conseillé de vérifier les tarifs actualisés sur le site officiel du parc avant de partir.
Depuis le Cap de Bonne-Espérance, Cape Point se rejoint en empruntant la Chapman's Peak Drive ou la route côtière à travers Simon's Town : les deux itinéraires offrent des vues spectaculaires et nécessitent environ une heure de route. Il n'existe pas de liaison directe en transport public efficace, donc l'option la plus pratique pour ceux qui n'ont pas de voiture de location est de participer à l'un des nombreux tours organisés depuis la ville. Apporter une veste imperméable est essentiel en toute saison : le vent à Cape Point est presque toujours présent et peut être très intense en altitude.