Le château est issu d'une chartreuse du haut Moyen Âge, probablement la première en Italie, fondée par Saint Bruno lui-même qui venait de la Grande Chartreuse près de Grenoble en route vers Rome : des fouilles récentes ont révélé ses fondations d'origine et une extension ultérieure au 15ème siècle. Ce n'est que bien plus tard, à la fin de la période napoléonienne, qu'il est entré dans les possessions de la Maison de Savoie, qui l'a acheté pour en faire un pavillon de chasse. Il est resté entre les mains de la Maison royale de 1837 à 1881, date à laquelle il a été vendu à des propriétaires privés. Le château est très présent dans l'histoire du royaume de Sardaigne d'abord et de l'Italie ensuite : les travaux de rénovation ont été réalisés par Charles Albert, mais celui qui en a fait le plus grand usage est le premier roi d'Italie, Victor Emmanuel II, pour qui il est devenu la résidence préférée pour les chasses historiques en montagne dans les Alpes maritimes et ligures, et pour ses enfants, un lieu insouciant pour les vacances d'été de leur jeunesse sous la direction sage et mûre de sa fille aînée Marie Clotilde de Savoie. Le Roi Chasseur aimait énormément ces montagnes, où il pouvait vivre en pleine nature pendant des jours et des jours, en compagnie de quelques alpinistes de confiance et des provisions de ses bêtes de somme : son épouse morganatique Rosa Vercellana (connue par les Piémontais sous le nom de La Béla Rosin) chassait à ses côtés, animée par le feu sacré de Diane. Un épisode important de l'histoire de l'Italie est lié à Maria Clotilde et Valcasotto : c'est là que la fille aînée de Vittorio Emanuele II, âgée d'à peine seize ans, reçut la nouvelle de son mariage "pour des raisons d'État" avec Girolamo Bonaparte "Plon Plon", cousin de Napoléon III, empereur des Français, un mariage qui scella l'alliance prévue par Cavour et ouvrit la voie à la deuxième guerre d'indépendance et à l'unification de l'Italie. De nature très religieuse et habituée depuis l'âge de douze ans aux devoirs et à la discipline de la première femme de la Cour, Maria Clotilde alla à la rencontre de l'Histoire avec une sérénité et une force d'esprit engendrées par la profonde dévotion que sa mère lui avait laissée : après un mois de réflexion, elle consentit au mariage, soutenue par la conviction que la volonté de Dieu était de faire d'elle un instrument pour obtenir le plus grand bien de l'État. Cent quatre-vingts ans plus tard, Marie Clotilde est reconnue comme l'une des plus belles figures de notre Risorgimento, laissant des traces d'événements marquants de l'histoire italienne dans un journal en langue française où elle notait chaque événement de sa vie quotidienne et de celle du château. Ses écrits ont été très utiles pour reconstituer la vie à la résidence et surtout les pensées et les sentiments de la jeune princesse.