Non loin de la côte nord-ouest de l'Afrique se trouve l'île de La Gomera, l'une des sept îles qui composent l'archipel des Canaries dans l'Atlantique. Ces hautes îles volcaniques sont les premières à recevoir les pluies arrivant de l'ouest, et ont ainsi conservé les vestiges d'une forêt riche et luxuriante - la laurisilva ou forêt de laurier - sur leurs sommets au vent. À côté de la Laurisilva de Madère (Portugal), le parc national de Garajonay conserve un exemple exceptionnel de cette végétation unique, qui reste presque en permanence enveloppée de nuages et de brume. Ces forêts sont des écosystèmes reliques, vestiges vivants des anciennes forêts tropicales humides et des forêts tempérées chaudes qui occupaient une grande partie de l'Europe et de l'Afrique du Nord au cours du Tertiaire. Aujourd'hui, elles sont le refuge d'un nombre exceptionnel d'espèces endémiques, qui dans de nombreux cas sont également menacées.
Le parc couvre environ 11 % de l'île et constitue une source d'eau importante pour la Gomera, avec son réseau de cours d'eau à débit permanent, le mieux préservé des îles Canaries. La forêt abrite une grande diversité d'espèces végétales, qui sont souvent entourées d'une mer de brouillard qui donne à la forêt un aspect magique. Ces brouillards sont vitaux pour la forêt, car ils produisent l'humidité nécessaire à la survie de cet environnement vert et luxuriant situé dans une île par ailleurs aride. La forêt ne survit que grâce à l'humidité élevée et aux températures douces, qui fluctuent peu au cours de l'année.
La forêt est géographiquement unique, car les vestiges de ce type de végétation ne se trouvent que dans les îles macaronésiennes (les Canaries, Madère et les Açores). Cette laurisilva insulaire est caractérisée par l'évolution d'un grand nombre d'espèces endémiques de la faune et de la flore, qui sont parfois menacées. Deux espèces d'oiseaux reliques et endémiques, le Pigeon laurier à queue blanche et le Pigeon laurier à queue noire, sont endémiques aux Canaries.