La villa qui porte le nom du poète Ugo Foscolo est également connue sous le nom de Villa Cittadella Vigodarzere, aujourd'hui Villa Gottardo, et est située sur la route qui mène de la ville d'Abano Terme à la ville de Feriole. Immergée dans la campagne, l'habitation présente les caractéristiques de la maison vénitienne typique, entourée de murs, avec un porche et une grande cour. Après plusieurs tentatives au fil du temps pour identifier la maison qui abritait Foscolo dans les collines euganéennes, le nom Ceriola (par analogie avec Ceriole puis Feriole) et les descriptions, bien que vagues, que le poète fait dans sa correspondance, nous ont permis d'identifier enfin cette villa comme la maison qui a accueilli et inspiré le décor des "Dernières lettres de Jacopo Ortis", le célèbre roman du poète. Ainsi, en 1978, une plaque a été placée sur l'un des piliers de la porte d'entrée pour commémorer la présence du poète à cet endroit. Les collines euganéennes sont le cadre du premier roman épistolaire de l'histoire littéraire italienne, qui contient la transfiguration poétique du paysage euganéen. Dans "Les dernières lettres de Jacopo Ortis", Foscolo situe dans les collines Euganéennes la retraite du jeune Jacopo Ortis, un républicain qui vient d'assister au sacrifice de sa patrie et qui a vu ses idéaux patriotiques brisés par le traité de Campoformio, qui décrète la cession de Venise à l'Autriche. Foscolo imagine le jeune Ortis écrivant des lettres à son ami Lorenzo Alderani, dans lesquelles il parle longuement de la vie des paysans locaux, décrit sa visite à la maison de Francesco Pétrarque à Arquà et raconte son amour pour Teresa, une femme promise à un autre homme. C'est là aussi que se déroule l'épilogue tragique de l'histoire, avec le suicide du jeune homme. Le poète nous parle des Collines Euganéennes avec les humeurs des bois qui envahissent les sens, le gel des jours d'automne, la vie quotidienne du village et le travail de l'Homme dans la plaine dessinée par les cultures, suggestions qui sont le fond de la retraite solitaire de Jacopo.