La basilica magistrale di Santa Croce est une église monumentale de Cagliari, qui était à l'origine la synagogue de la communauté juive locale avant son expulsion en 1492. L'église, qui appartient depuis 1809 à l'Ordre des Saints Maurice et Lazare, est un temple qui symbolise l'intégration religieuse et socioculturelle du Castello, le centre de Cagliari entre le XIIIe et le XIXe siècle. Il est difficile de photographier l'ensemble de sa façade flamboyante, car on ne peut reculer que de quelques pas dans le cimetière. Le sentiment de majesté augmente à l'intérieur, avec une seule nef, voûtée en berceau et décorée de faux caissons par Ludovico Crespi.
De chaque côté, trois chapelles, également voûtées en berceau et ornées d'autels baroques en marbre polychrome, abritent des sculptures et des peintures (17e-18e siècles).
Le presbytère est enrichi par un maître-autel, où se trouve un Christ crucifié en bois, et fermé par une abside semi-circulaire, sur laquelle Antonio a peint à fresque les Saints Maurice et Lazare (1842). La façade est divisée en deux niveaux : dans celui du bas s'ouvre le portail, surmonté d'un tympan courbe, celui du haut est marqué par des pilastres et bordé de deux obélisques. Une autre particularité sont les deux clochers : l'un est un clocher nervuré parallèle à la façade, l'autre, près du presbytère, est une tour avec un beffroi carré et une coupole de style oriental. L'histoire de l'église, à l'origine une synagogue, est intrinsèquement liée au village, autrefois Giudaria de Cagliari, qui a connu son expansion maximale sous la domination aragonaise, avant que Ferdinand II ne bannisse des territoires de la Couronne les juifs et les musulmans qui ne s'étaient pas convertis au christianisme (1492).
La synagogue est devenue une église catholique et a été confiée à une archiconfrérie, dont les membres nobles s'occupaient de réconforter les condamnés à mort. En 1564, l'archevêque Parragues, afin de favoriser le développement culturel de la ville, fait appel aux Jésuites, qui se voient attribuer l'église et les maisons adjacentes, qui deviennent le collège de la Compagnie de Jésus. Grâce à l'héritage que leur a laissé la noble Anna Brondo, le bâtiment a été agrandi et radicalement transformé. Une inscription sur la façade indique que les travaux ont été achevés en 1661.
À la fin du XVIIIe siècle, le pape Clément XIV dissout les jésuites : le complexe passe à l'État. Enfin, au début du XIXe siècle, le roi Victor Emmanuel Ier éleva l'église au rang de basilique magistrale et la confia à l'ordre chevaleresque des Saints Maurice et Lazare, auquel elle appartient toujours. Alors que l'ancien collège est devenu, au fil des siècles, un mont-de-piété, une imprimerie, un tribunal, une cour d'appel, la faculté des lettres et, aujourd'hui, la faculté d'architecture.