
Le sentier part de Skógar, dans le sud de l'Islande, avec le bruit constant de l'eau qui accompagne chaque pas dès les premiers mètres. La célèbre cascade de Skógafoss, haute d'environ 60 mètres et large de 25, est le portail d'entrée de ce parcours : on monte à côté de son mur d'eau sur un escalier métallique fixé à la roche, et déjà de là, on devine que le paysage va changer radicalement avec le gain d'altitude.

Le Fimmvörðuháls est le col de montagne qui relie Skógar, au sud, à la vallée de Þórsmörk au nord, traversant un plateau situé entre deux des glaciers les plus célèbres de l'île : Eyjafjallajökull à l'ouest et Mýrdalsjökull à l'est. Le parcours complet mesure environ 25 kilomètres et nécessite entre 8 et 12 heures de marche, selon le rythme et les conditions météorologiques. Ce n'est pas un sentier pour les débutants, mais il ne nécessite pas d'équipement alpin spécialisé en été.
Le parcours : des chutes d'eau au plateau volcanique

Après Skógafoss, le sentier remonte le long du canyon de la rivière Skógá, accompagnant une séquence de plus de vingt petites chutes d'eau qui se jettent des parois de basalte sombre. Certaines sont de fins filets d'eau qui tombent de dizaines de mètres, d'autres sont des rideaux plus larges et bruyants. Le contraste chromatique entre le vert éclatant de la mousse, le noir de la roche volcanique et le blanc de l'eau est l'un des éléments visuels les plus immédiats du premier tronçon.
En montant, la végétation s'éclaircit progressivement. Aux alentours de 700-800 mètres d'altitude apparaissent les premiers névés persistants, même en plein été. Le paysage s'ouvre et, par temps clair, la calotte glaciaire d'Eyjafjallajökull devient visible à gauche du chemin. C'est le même volcan dont l'éruption en avril 2010 a bloqué le trafic aérien européen pendant des semaines : un fait qui a laissé des traces physiques encore visibles sur le terrain.

Les champs de lave de 2010 : un paysage encore jeune
La section la plus extraordinaire du sentier est celle qui traverse les champs de lave produits par l'éruption de 2010. Entre le 20 mars et le 12 avril de cette année-là, une fissure éruptive s'est ouverte sur le passage même, générant deux nouveaux cratères appelés Magni et Móði, du nom de deux fils du dieu Thor dans la mythologie nordique. La lave qui en est sortie s'est solidifiée, formant un plateau rugueux de roche basaltique noire.

En marchant sur cette surface, on perçoit encore la chaleur résiduelle dans certaines zones, et à certains endroits, des vapeurs sulfureuses s'échappent du sol. L'odeur est inconfondable : soufre mélangé à de l'air froid en haute altitude. La lave de 2010 se distingue facilement de la roche plus ancienne par sa couleur plus sombre et sa texture plus irrégulière, presque vitreuse par endroits. C'est l'un des rares sentiers au monde où l'on marche littéralement sur un territoire formé il y a moins de quinze ans.
Que porter et quand y aller
La fenêtre saisonnière idéale pour parcourir le Fimmvörðuháls va de juin à septembre. En hiver et au printemps, le col est souvent recouvert de neige profonde et les conditions peuvent devenir dangereuses sans équipement spécifique et expérience en milieu alpin hivernal. Même en été, la météo islandaise change rapidement : partir avec un ciel dégagé ne garantit pas de revenir au sec.
Il est indispensable d'apporter des vêtements en couches imperméables, des chaussures de randonnée avec une semelle robuste, de la nourriture et de l'eau suffisantes pour toute la journée. Il n'y a pas de refuges équipés le long du parcours, bien qu'à Þórsmörk, il existe quelques structures où il est possible de passer la nuit si l'on souhaite faire le trajet en deux jours. Le point de départ de Skógar est accessible en voiture en empruntant la Route 1, la route circulaire islandaise, jusqu'à la sortie pour Skógar, à environ 150 kilomètres à l'est de Reykjavík. Il existe également un service de bus saisonnier qui relie la capitale à Skógar.
L'arrivée à Þórsmörk et le retour
Celui qui parcourt le sentier dans son intégralité arrive dans la vallée de Þórsmörk, une zone protégée entourée de trois glaciers et traversée par des rivières glaciaires. D'ici, il n'est pas possible de retourner à Skógar à pied dans la journée : il est nécessaire de réserver un passage avec les bus tout-terrain qui opèrent dans la région, ou d'organiser un transport privé. De nombreux randonneurs choisissent de revenir sur leurs pas jusqu'à Skógar, réduisant le parcours à un aller-retour partiel jusqu'aux cratères de 2010.
Le Fimmvörðuháls est également le premier tronçon du plus long Laugavegur, l'un des treks les plus célèbres d'Islande qui s'étend sur environ 55 kilomètres jusqu'à Landmannalaugar. Ceux qui souhaitent affronter uniquement le passage sans continuer plus loin peuvent considérer le point d'arrivée aux cratères Magni et Móði comme une destination suffisante pour une journée intense et mémorable.
