Déjà au début du VIe siècle après J.-C., une garnison de soixante soldats défendait à Bard la "Clausuræ Augustanæ", le système défensif mis en place pour protéger les frontières de l'Empire. En 1034, ce système était appelé "inexpugnabile oppidum", et c'est l'une des plus anciennes références à un château dans la Vallée d'Aoste. En 1242, les Savoie prennent possession de la seigneurie de Bard, avec Amadeus IV, poussés par l'insistance des habitants, fatigués des abus d'Ugo di Bard qui, fort de la position de son château, imposait de lourdes taxes aux voyageurs et aux marchands. Dès lors, le château dépend toujours de la famille de Savoie, qui y installe une garnison : en 1661, des armes provenant d'autres fortifications valdôtaines, dont Verrès et Montjovet, sont même concentrées à Bard. Ce que nous voyons aujourd'hui est la reconstruction commandée par Carlo Felice qui, à l'apogée de la Restauration, en fit l'une des structures militaires les plus massives du Val d'Aoste à partir de 1830. À la fin du XIXe siècle, le fort est en déclin, d'abord utilisé comme un bain pénal, puis comme un dépôt de munitions. Désaffecté en 1975 par l'État militaire, il a été acquis par la région de la Vallée d'Aoste en 1990 et entièrement rénové en 2006.
Restée presque intacte depuis sa construction, la forteresse de Bard représente l'un des meilleurs exemples de forteresse de barrage du début du XIXe siècle. La forteresse est composée de trois bâtiments principaux : en partant du bas, il y a l'Opéra Ferdinando, le bâtiment médian, - l'Opéra Vittorio - jusqu'au sommet du relief, où se trouve l'Opéra Carlo Alberto. Ce dernier est le plus imposant des trois ouvrages, enfermant en son sein la grande cour quadrangulaire de la Piazza d'Armi, entourée d'un grand portique, où se trouvent les espaces dédiés aux expositions temporaires : à l'intérieur, outre le Musée des Alpes, se trouvent les Prigioni (Prisons), qui abritent un parcours thématique multimédia sur l'histoire de la Forteresse.