Le Musée archéologique national de Cividale del Friuli est installé dans le Palazzo dei Provveditori Veneti, une affirmation visible et concrète du pouvoir de la Sérénissime. Il a été construit entre 1565 et 1586 sur un projet d'Andrea Palladio, comme l'a rapporté Vasari, qui a déclaré que l'architecte aurait réalisé la maquette, en assistant également à la pose de la première pierre. L'empreinte de Palladio, dérivée d'études sur les antiquités romaines, est visible dans la base rustiquée des arcs du portique, alors que le reste du palais n'a pas respecté le dessin original. Le bâtiment se dresse sur les vestiges de l'ancienne résidence patriarcale, un complexe médiéval articulé partiellement conservé dans la zone archéologique sous le musée, qui fait partie du site sériel UNESCO des Lombards en Italie : les lieux du pouvoir (568-774 après J.-C.). Le Musée a été fondé en 1817 par Michele della Torre pour recueillir les trouvailles mises au jour lors des fouilles qu'il a menées à Cividale et dans le territoire, financées par François Ier d'Autriche. C'est un point de connexion important entre l'archéologie et les sources historiques, un patrimoine inestimable recueilli pour parfaire la vision d'un musée organique qui préserverait la mémoire du Patriarcat d'Aquilée, devenu depuis le début du Moyen Âge le cœur de l'Europe. Il y a une riche section d'antiquités, d'orfèvrerie médiévale sacrée et profane, une précieuse collection de Codici avec des manuscrits du VIe au XVIIe siècle et une bibliothèque avec des volumes du XVe au XIXe siècle. Au rez-de-chaussée se trouve la section lapidaire, avec des pièces datant de la période romaine à la Renaissance : ici, le visiteur peut suivre l'histoire de la ville depuis le municipium de Forum Iulii, jusqu'aux Civitas Austriae des splendeurs patriarcales jusqu'à la domination vénitienne.Au rez-de-chaussée, on trouve la civilisation lombarde, avec de splendides témoignages matériels retrouvés dans la riche nécropole de Cividale et dans d'autres lieux du duché du Frioul, qui font du musée un point de référence parmi ceux consacrés au Haut Moyen-Âge. Dans la nécropole de San Mauro, retrouvée non loin des remparts de la ville, a été mise au jour la tombe d'un enfant de neuf ans enterré au début du VIIe siècle après J.-C. avec une tenue exceptionnelle. Flèches, bouclier et éperons identifient déjà la connotation de guerrier et de chevalier : une image également soulignée par le vêtement, avec une spectaculaire ceinture de fer ornée d'agemina et une péroné en argent doré pour arrêter le manteau.