
La route non pavée qui mène à Nacpan Beach nécessite environ quarante minutes en jeepney ou en moto-taxi depuis le centre d'El Nido, et chaque trou sur l'asphalte dégradé signale que l'on laisse le tourisme organisé derrière soi. Lorsque la végétation s'ouvre enfin, ce qui apparaît est presque incroyable : quatre kilomètres de sable blond fin, pratiquement dépourvus de structures permanentes, où l'eau change de couleur du vert émeraude près du rivage au bleu cobalt profond au large, sans qu'aucun bateau à moteur ne rompe la surface.
Nacpan est techniquement une plage jumelle, c'est-à-dire deux plages séparées qui se rejoignent en un seul arc continu. La seconde, appelée Calitang, se rejoint à pied en parcourant toute la longueur de la plage principale et en dépassant un petit promontoire boisé. Ensemble, elles forment l'un des tronçons côtiers les moins bâtis de toute l'île de Palawan, l'une des provinces des Philippines connue pour la qualité exceptionnelle de ses eaux.
Sable, eau et atmosphère : que voir physiquement
Le sable de Nacpan n'est pas d'un blanc éclatant comme celui de certaines plages nettoyées artificiellement : il a une teinte chaude, presque dorée, avec un grain moyen qui le rend agréable à marcher même pieds nus pendant les heures centrales de la journée. La ligne de palmiers qui longe toute la plage est dense et basse, et derrière elle s'étend une bande de végétation où il n'est pas rare de voir des carabao — les buffles d'eau typiques des Philippines — paître librement. C'est l'un des spectacles les plus insolites que l'on puisse observer sur une plage du Sud-Est asiatique : de grands animaux domestiques broutant de l'herbe à quelques mètres du rivage.
L'eau est extraordinairement transparente même à plusieurs mètres du rivage, avec un fond sablonneux qui permet de voir le fond jusqu'à trois ou quatre mètres de profondeur. La couleur varie nettement selon l'heure : tôt le matin, avec la lumière rasante, elle apparaît presque vert-turquoise ; pendant les heures centrales, elle devient d'un bleu intense ; au coucher du soleil, elle prend des nuances dorées qui se reflètent sur le sable mouillé. Il n'y a pas de récifs coralliens près du rivage, donc la mer est généralement calme et adaptée à la baignade sans équipement particulier.
Comment y arriver et combien de temps y consacrer
Depuis la ville d'El Nido, la route pour Nacpan est praticable en environ 40-45 minutes avec une moto de location ou par le biais de tricycles ou de services de vans partagés qui partent chaque matin des environs du marché central. La location d'une moto coûte environ entre 400 et 600 pesos philippins par jour (environ 7-10 euros), tandis que les vans partagés offrent un aller-retour pour environ 200-300 pesos par personne. La route est asphaltée seulement en partie : le dernier tronçon est en terre et avec des trous significatifs, donc ceux qui utilisent la moto doivent faire attention surtout après la pluie.
Le temps idéal à consacrer est une journée entière. Arriver avant huit heures du matin permet d'avoir la plage presque déserte pendant au moins trois heures, avant que les groupes organisés par les resorts d'El Nido ne commencent à arriver vers la mi-matinée. Apporter de l'eau et de la nourriture est conseillé : le long de la plage, il y a de petits kiosques locaux qui servent du poisson grillé et des boissons, mais le choix est limité et les prix aux heures de pointe peuvent être plus élevés par rapport au centre-ville.
Le caractère authentique de Nacpan
Ce qui distingue Nacpan de la plupart des plages accessibles dans l'archipel d'El Nido est l'absence presque totale de développement immobilier permanent le long de la côte. Il n'y a pas de grands complexes hôteliers, pas de pontons flottants ni de parasols alignés. Les seules structures visibles sont quelques cabanes en bambou gérées par des familles locales qui louent des chaises longues et servent des repas simples. Cette condition est en partie le résultat de la distance de la ville et de la route difficile, qui a découragé les investissements immobiliers au moins jusqu'aux années récentes.
La présence des carabaos qui paissent derrière la ligne d'arbres n'est pas un spectacle organisé pour les touristes : c'est simplement la vie agricole locale qui continue indépendamment de qui arrive sur la plage. Voir ces animaux énormes et paisibles se déplacer entre les palmiers pendant que l'on nage dans une mer couleur émeraude est le genre de détail qui reste gravé dans la mémoire et qui est difficile à trouver décrit dans les brochures des tour-opérateurs. La meilleure saison pour visiter Nacpan est entre novembre et mai, lorsque le monsoon du nord-est maintient la mer calme du côté ouest de Palawan ; entre juin et octobre, les vagues peuvent être significatives et la route en terre devient boueuse et glissante.
