L'église de Santa Maria foris portas est située dans la commune de Castelseprio, dans la province de Varèse. Sur une hauteur à deux cents mètres des murs d'un ancien castrum, d'où le nom en latin médiéval. C'est le seul bâtiment qui a survécu à la destruction et à l'abandon de l'ancien village fortifié, grâce à la dévotion attachée au lieu de culte. L'église présente une simplicité rustique à l'extérieur, précédée d'un atrium avec un grand arc, ouvert au 17ème siècle. En plan, elle présente une seule nef rectangulaire, pas très longue, avec une abside de chaque côté au-delà de l'entrée. Les trois absides sont identiques, à l'exception de la disposition des fenêtres. Les recherches archéologiques ont montré que l'église, peut-être construite comme un oratoire noble, n'avait aucun bâtiment à proximité, à l'exception de la petite structure quadrangulaire, peut-être une sacristie, dont il reste des traces entre l'abside centrale et l'abside sud. D'autre part, de nombreuses tombes, certaines d'une certaine taille (la grande dalle avec une croix conservée sous le portique de l'Antiquarium en provient), se trouvent à l'intérieur et à l'extérieur du bâtiment. Dans l'abside centrale, un cycle de fresques est conservé avec des épisodes de l'enfance de Jésus inspirés à la fois par les évangiles canoniques et apocryphes, en particulier le protoévangile de Jacques et l'évangile du Pseudo-Matthew. La partie inférieure du mur est ornée d'un rideau peint (velarium) et d'oiseaux, tandis que le cycle narratif, disposé sur deux registres, commence en haut à gauche par l'Annonce de l'ange à Marie et la Visite de Marie à Elisabeth. Après une grande lacune, dans laquelle se trouvait probablement un clypeus (image circulaire), le récit se poursuit avec l'épisode apocryphe de l'épreuve des eaux amères, que Marie est obligée de boire pour prouver sa virginité. Au centre de l'abside, un clypéus avec le Christ pantokrator ("Seigneur de toutes choses"). Le récit se poursuit avec l'apparition à Joseph d'un ange qui le rassure sur la maternité divine de Marie. Après un autre clypéus (dont les traces sont conservées), le voyage de Marie et Joseph à Bethléem est représenté et, à l'extrême droite du registre inférieur, la naissance de Jésus et l'annonciation aux bergers. L'épisode suivant, l'adoration des Mages, se trouve sur le mur adjacent, tandis que le dernier des épisodes conservés, la présentation de Jésus au Temple, se trouve à nouveau sur le mur incurvé, après la fenêtre. Sur le mur intérieur de l'arc séparant l'abside de la nef est représenté, au centre, l'Etoimasia (préparation en grec), qui consiste en un trône prêt à accueillir le Christ à son retour. Vers le trône, sur lequel reposent une couronne et une croix, volent deux anges. La datation de l'église et des fresques est très controversée. On a tendance aujourd'hui à dater le bâtiment du 7e/8e siècle, et les fresques du 7e/8e au début du 10e siècle.