
La vapeur s'échappe encore des fissures dans la roche noire. À quelques pas du sentier, la lave solidifiée en 2010 lors de l'éruption du volcan Eyjafjallajökull forme un paysage lunaire qui contraste avec le vert mousseux des vallées environnantes. Fimmvörðuháls n'est pas simplement un sentier de randonnée : c'est une traversée de deux jours qui traverse un champ de lave encore vivant, reliant la cascade de Skógafoss, dans la région de Skógar, à la vallée de Þórsmörk au nord.
Le parcours s'étend sur environ 25 kilomètres au total, avec un dénivelé positif significatif qui mène les randonneurs jusqu'à environ 1 100 mètres d'altitude au col de montagne. En chemin, on rencontre 26 cascades dans la seule section initiale, toutes alimentées par la rivière Skógá, et deux cratères volcaniques nés justement de l'éruption de 2010 : Magni et Móði, baptisés du nom des fils du dieu Thor dans la mythologie nordique. Ces cratères, encore fumants dans certaines conditions atmosphériques, représentent l'un des éléments les plus rares et visuellement puissants de tout l'itinéraire.
Le départ de Skógafoss et la montée des cascades
Le point de départ le plus commun est la cascade de Skógafoss, l'une des plus célèbres d'Islande, avec ses 60 mètres de hauteur et 25 mètres de largeur. De là, un escalier métallique sur le côté droit de la cascade permet de monter au niveau supérieur, où le sentier commence à suivre le cours de la rivière Skógá vers le haut. C'est dans cette section que se concentrent les 26 cascades : certaines sont de petits sauts d'eau entre les rochers, d'autres sont de véritables rideaux liquides qui descendent des pentes latérales. Le sol est humide et glissant, et les roches basaltiques noires alternent avec des taches de mousse verte brillante.
Au fur et à mesure que l'on monte, la végétation s'éclaircit. Passé 600-700 mètres d'altitude, les buissons laissent place à un paysage de plus en plus ouvert et battu par le vent. Dans cette zone, le sentier est signalé par des piquets jaunes, essentiels pendant les périodes de brouillard, qui en Islande peut arriver soudainement même en été. La frontière entre la neige résiduelle et la roche nue est souvent nette et surprenante.
Le champ de lave de 2010 et les cratères Magni et Móði
La section centrale du parcours traverse le champ de lave formé entre avril et mai 2010, lorsque l'Eyjafjallajökull est entré en éruption bloquant le trafic aérien européen pendant des semaines. Marcher sur cette lave signifie se déplacer sur une roche qui a moins de vingt ans : la surface est irrégulière, tranchante à plusieurs endroits, et la couleur varie du noir au rouge rouille. Dans certaines fissures, on perçoit encore de la chaleur et, par temps froid, on voit la vapeur s'élever.
Les cratères Magni et Móði se trouvent dans cette zone et sont accessibles par une courte déviation du sentier principal. Leurs parois internes montrent des stratifications de lave de couleurs différentes, et l'intérieur est encore chaud. Il n'est pas rare de trouver des résidus de soufre jaune sur les roches environnantes. Ce tronçon est le cœur géologique de la traversée et nécessite une attention particulière lors de la marche, surtout avec un sac à dos lourd.
La descente vers Þórsmörk
Après le col de Fimmvörðuháls, le sentier descend vers la vallée de Þórsmörk, une zone protégée entourée de trois glaciers : Eyjafjallajökull, Mýrdalsjökull et Tindfjallajökull. La descente est raide et à certains endroits nécessite de l'attention, mais le paysage change radicalement : on revient à la végétation, des bouleaux bas et des fleurs sauvages apparaissent, et l'air devient plus doux. Þórsmörk est accessible en jeep depuis Reykjavík à travers des gués, mais y arriver à pied depuis le col donne une perspective très différente.
À Þórsmörk, il existe des refuges gérés par l'association Ferðafélag Íslands (Club de randonnée islandais) et la compagnie Útivisт, où il est possible de passer la nuit. C'est dans l'un de ces refuges, typiquement à mi-chemin ou à la fin de la première journée, que la plupart des randonneurs s'arrêtent pour la nuit.
Informations pratiques pour ceux qui souhaitent entreprendre la traversée
La meilleure période pour parcourir Fimmvörðuháls est de juin à septembre, lorsque le sentier est dégagé de la neige et que les refuges sont ouverts. En hiver, le parcours est techniquement très exigeant et déconseillé sans équipement alpin. Il est fortement recommandé de réserver les places dans les refuges longtemps à l'avance, surtout en juillet et août, car les places disponibles s'épuisent rapidement.
L'équipement doit inclure des couches imperméables, des chaussures de randonnée avec une semelle robuste et des bâtons, utiles tant dans la montée glissante près des cascades que dans la descente vers Þórsmörk. Il n'existe pas de points de ravitaillement en eau potable certifiés le long du parcours, il est donc nécessaire d'apporter une bouteille filtrante ou une quantité suffisante d'eau de chez soi. Le temps de parcours total varie entre 8 et 12 heures réparties sur deux jours, selon le rythme et les pauses photographiques.
