Majestueux. C'est le premier mot qui vient à l'esprit quand on pense à Sant'Andrea, le monument symbolique de la ville. Fondée en 1219 et achevée en 1227, elle est un exemple précoce de l'architecture gothique italienne, inspirée des modèles cisterciens, dans laquelle les éléments romans et gothiques se mêlent de manière exemplaire. LA FACADE de l'église mêle des motifs lombards-émiliens (toit à deux pans, portails en plein cintre, corniches à bandeau, ouverture des tours latérales, double rangée de petites loggias) à des éléments provençaux et normands (portails à évasement profond, tours latérales et leurs flèches, chapiteaux en crochet) avec un effet chromatique remarquable dû au revêtement en pierre gris-vert interrompu par le marbre blanc des petites loggias et le marbre rouge des trois portails. Au-dessus du portail central, il y a une rosace avec douze petites colonnes et une édicule au sommet du tympan. Sur les côtés de la façade, deux clochers gothiques élancés avec des fenêtres à lancette simple, double et triple se terminent par une flèche. Dans la LUNETTA DEL PORTALE MAGGIORE se trouve une sculpture réalisée entre 1220 et 1225, représentant le martyre de Saint André, œuvre d'un sculpteur de l'école de Benedetto Antelami. La scène du martyre est entourée d'un cadre cannelé, orné de motifs floraux et d'éléments architecturaux décoratifs en forme de sarment. Au centre de l'arc se trouve la figure d'un ange, tenant une couronne, pour transporter l'âme du saint au ciel. La scène principale montre trois adorateurs à gauche (un jeune homme, un homme barbu et une femme avec un voile sur la tête) : au centre, saint André sur la croix ; à droite, deux hommes sous les ordres du proconsul Aegea qui attachent le saint à l'instrument du martyre. Les deux autres lunettes sont de qualité inférieure. Celui de gauche représente le cardinal Guala Bicchieri offrant l'église à Saint-André sur un trône ; malheureusement, une restauration du XIXe siècle a remplacé les têtes. Dans celle de droite, il y a un rayon de petites colonnes avec des arcs trilobés, qui ne sont pas d'origine, et qui ont été insérés plus tard comme on peut le voir par l'incapacité d'adapter un arc ogival en arc rond. Les côtés de l'église sont animés par des contreforts et des arcs rampants reposant sur la nef, avec des fenêtres à lancette simple aux yeux droit et gauche. La TOUR DE CLOCHE située entre le transept droit et la première abside latérale présente une base carrée avec des fenêtres à meneaux et à trois meneaux, cuspidées, construite entre la fin du XIVe et le début du XVe siècle dans le style de la basilique, mais en biais par rapport à l'axe de l'église, probablement parce que l'on a utilisé les fondations du clocher de l'église préexistante de Saint-André, démolie entre 1215 et 1219. L'intérieur de l'église comporte trois nefs, chacune composée de six travées, et chaque travée rectangulaire de la nef correspond à une travée carrée des bas-côtés. Le transept en saillie, formé de baies rectangulaires, est couvert par une voûte en forme de coupole, enfermée dans un tiburium octogonal. Quatre chapelles rectangulaires s'ouvrent sur le transept. Au-delà du grand espace carré de la tête du transept se trouve le chœur avec un mur rectiligne. Quatre piliers en faisceau très solides soutiennent la coupole et la charge de la coupole au moyen d'arcs très résistants ; les trompettes coniques de la coupole portent les symboles des évangélistes sculptés sur une tablette, réalisée par Antelami. La dernière chapelle à droite est occupée par le MONUMENT FUNÉRAIRE DE L'ABATTEUR TOMMASO GALLO, datant de la première moitié du XIVe siècle : dans la grande niche gothique au-dessus du sarcophage, est peinte à fresque la figure de l'abbé lui-même sur une chaise parmi ses élèves. Dans la flèche qui s'élève au-dessus de l'arc, on peut voir le couronnement de la Vierge par des anges musiciens. Les belles figures en haut-relief sur le devant du sarcophage sont d'un style qui n'est pas antérieur au milieu du XIVe siècle. Au centre du sarcophage se trouve la Vierge à l'Enfant, qui se penche vers l'abbé Thomas agenouillé, présenté par saint André. Sur le côté droit se trouvent Sainte Catherine d'Alexandrie et Dionysius le Pseudo-Aréopagite, dont Thomas Gallo a commenté les œuvres. L'église contient également un crucifix du XIVe siècle, deux confessionnaux du XVIe siècle et un chœur marqueté de 1511 par Paolo Sacca, restauré après 1802.