La rivière Elsa étonne. Sur une bonne partie de ses 60 kilomètres, c'est un lit de rivière presque à sec, même au printemps si la saison est incroyablement sèche comme cette année. Puis soudain, juste avant Colle Val d'Elsa, la rivière capte des veines d'eau thermale abondante. L'eau devient alors d'un turquoise intense, coule copieusement en construisant une architecture en travertin semblable à celle des écuries : c'est ici que commence ce qu'ils appellent l'Elsa Ricca. Le chemin commence dans un monde urbanisé de maisons, de routes, de ronds-points et de hangars : comme dans le merveilleux pays d'Alice, vous descendez à côté d'un vieux moulin et vous en sortez dans un monde inattendu, fait d'eau turquoise qui coule abondamment entre les arbres et les rochers dans un brasier de la nature, et le monde des hommes a disparu, n'est plus visible ni audible là-haut, au-delà des arbres et des collines.Le sentier fluvial appelé Sentierelsa serpente le long des eaux turquoises de l'Elsa Ricca, en passant par des promontoires de travertin et des grottes creusées par l'eau. Par temps clair, les gens s'entassent sur les premiers tronçons, puis diminuent progressivement à mesure que l'on s'éloigne du point d'entrée, près de l'église de San Marziale, au sud de Colle Val d'Elsa. Quelques montées et descentes raides mais très courtes, ainsi que la possibilité de contourner quelques arêtes rocheuses, servent de filtre aux vacanciers les plus paresseux, rendant la prochaine étape plus calme. Le sentier continue et traverse plusieurs fois la rivière à travers de jolis gués faits de blocs de roche et facilités par des cordes comme des mains courantes, faciles malgré l'aspect vague de la forêt sauvage de Bornéo. De temps en temps, nous rencontrons une petite plage, un rocher qui se jette dans la rivière, un arrêt au pied de cascades, voire une grande chute d'eau de 10 mètres de haut, la cascade de Diborrato. Vers la fin, le sentier atteint les ruines de l'ancien Ponte della Spugna (Pont de l'Éponge) et ici, sous le pont plus récemment construit, se trouve un beau petit jardin d'arbres fruitiers qui est également la maison de l'épouvantail Gino, qui nous montre la fin du sentier : de là, nous retraçons le même parcours pour revenir à San Marziale.